Connect with us

Culture

QVT : Investir dans le capital santé pour améliorer la performance collective

Published

on



Management







,
par La Rédaction

La santé au travail est un capital que l’entreprise doit faire fructifier, au même titre que le capital technique ou financier. Historiquement, la posture des employeurs vis-à-vis de la santé au travail a été défensive, les faisant aborder cet enjeu sous l’angle des contraintes juridiques auxquelles l’entreprise doit se conformer. Cette approche a d’ailleurs permis d’améliorer considérablement les conditions de travail. Aujourd’hui, il faut aller plus loin. Investir dans les conditions de travail est justifié tant d’un point de vue éthique qu’économique. Par Guillaume Soenen, professeur à l’EM Lyon

 
Le lien entre santé et performance est intuitif. Prenons l’exemple d’une équipe de football qui a un excellent meneur de jeu. S’il se blesse et déclare forfait, sa performance n’est pas diminuée : elle est nulle. S’il occupe une place clé dans le dispositif collectif, la performance de l’équipe s’en trouve amoindrie. Dans les entreprises, c’est la même chose. Quand des salariés sont absents pour cause d’accident ou de maladie, la performance collective est impactée négativement. Les processus sont perturbés, la charge de travail des salariés présents augmente. Cela crée une spirale négative. En France, l’absentéisme est autour de 17 jours par an par salarié. Sur l’année, cela revient à un manque à gagner de productivité équivalant à 8 % de la masse salariale. Par exemple pour une entreprise dont les charges de personnel représenteraient 50 % du CA, l’absentéisme peut “coûter” 4 % de marge opérationnelle. Et c’est sans compter les coûts indirects de l’absentéisme. Une partie de l’absentéisme est incompressible car il y aura toujours des grippes ou encore des accidents du quotidien. Toutefois, certaines entreprises affichent des taux d’absentéisme plus faibles que la moyenne de leur secteur.

Les travaux menés à l’EM Lyon Business School dans le cadre de la chaire Apicil Santé et Performance au Travail montrent qu’il existe une corrélation entre le capital santé collectif et le taux d’absentéisme. Cette corrélation reste statistiquement significative lorsque l’on neutralise l’impact du secteur économique, de la taille de l’entreprise et de l’âge moyen des salariés. L’économie maximale résultant de l’amélioration du capital santé collectif se situerait entre 500 et 1 500 euros par an et par salarié. De plus, les données longitudinales montrent que lorsque les conditions de travail s’améliorent, le capital santé se développe. Il faut toutefois être prudent dans l’analyse de ces résultats : mettre en évidence une corrélation n’équivaut pas à démontrer l’existence d’un lien de causalité. Au mieux on peut estimer qu’il existe une forte présomption, basée sur un argument logique s’appuyant sur des travaux antérieurs et une constatation empirique établie avec précaution.

Ces recherches mettent également en lumière un lien avec la satisfaction client. Les entités dotées d’un capital santé collectif élevé sont plus à même de produire une haute qualité de service. Pour bien gérer les exigences des clients, des patients ou encore des usagers, il faut être en forme. Une personne fatiguée ou démotivée par son travail aura plus de difficultés à faire face à ces situations exigeantes sur les plans physique, intellectuel et émotionnel. Ces résultats demeurent significatifs même lorsque l’on prend en compte l’âge et l’ancienneté des salariés. Il s’agit de résultats prometteurs mais préliminaires, qu’il faut désormais reproduire à plus grande échelle. Quantifier l’impact du capital santé collectif sur la performance collective permettra d’encourager l’investissement dans les conditions de travail et d’améliorer la performance des entreprises. Pour cela, la collaboration entre dirigeants de PME et chercheurs doit être renforcée.

 

Aider les PME / ETI à investir dans la santé au travail

Les enjeux du bien-être et de la santé au travail sont essentiels pour les travailleurs. Nous désirons tous travailler dans de bonnes conditions. C’est aussi un enjeu pour les employeurs car le capital santé contribue à la performance collective. Nous passons environ 50 % de notre temps conscient au travail. Les organisations, qu’elles soient publiques ou privées, sont donc l’un des principaux lieux où se construit la santé. C’est enfin un enjeu pour le citoyen car l’impact sur la dépense publique, et son corollaire les impôts, n’est pas neutre. La population au travail vieillit. Les risques et les coûts de la santé au travail vont aller croissant. Il est nécessaire d’adapter nos organisations afin de produire une performance durable, non seulement respectueuse de notre environnement mais aussi de notre santé, physique et mentale. Les PME/ETI emploient plus de 70 % des salariés du secteur privé et sont au cœur de cet enjeu. Hélas, elles ont rarement les moyens financiers suffisants pour investir significativement dans la santé au travail. On ne construit pas un capital santé collectif solide uniquement via de l’information santé et des corbeilles de fruits, même si ces éléments sont appréciables. Il est nécessaire d’investir dans l’outil de travail, dans l’organisation et les conditions du travail, et peut-être prioritairement, dans le management. Un manager stressé est souvent un manager stressant.

Quand la capacité d’auto-financement des grandes entreprises se situe entre 10 et 11 %, celle des PME est seulement de 6 %. Il est donc nécessaire de réfléchir à la mise en place d’un mécanisme de soutien à l’investissement dans la santé au travail spécifique pour les PME et ETI. L’une des pistes consisterait en une forme de crédit d’impôt “santé au travail” pour les PME et ETI.

 

L’auteur

Guillaume Soenen est professeur à l’EM Lyon Business School. Titulaire de la chaire Apicil Santé et Performance au Travail, et dirige le centre de recherches CBT –Cognitions, Behaviors & Transformations. Il travaille notamment les changements stratégiques (tels que les fusions-acquisitions), l’équité en entreprise, et le lien entre santé, bien-être et performance au travail.

 

 

 



Source link

Continue Reading
Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Culture

le réchauffement climatique en procès

Published

on

By


Judith Rochfeld, enseignante en droit privé à la Sorbonne, analyse sous l’angle juridique les procès actuels contre des Etats ou des entreprises accusés d’inertie environnementale.

Par Serge Audier Publié aujourd’hui à 08h00

Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

Les avocats représentant la Fondation Urgenda, à gauche, et les représentants du gouvernement néerlandais, devant la Cour d’appel de La Haye, le 9 octobre 2018. En 2015, le gouvernement néerlandais avait été condamné à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 25 % d’ici 2020. Peter Dejong/AP

« Justice pour le climat ! Les nouvelles formes de mobilisation citoyenne », de Judith Rochfeld, Odile Jacob, 198 p., 19,90 € (en librairie le 28 août).

Peu de livres écrits par des universitaires contiennent autant de points d’exclamation, jusque dans leur titre, que Justice pour le climat ! C’est que son auteure, Judith Rochfeld, professeure de droit privé à la Sorbonne, ne prétend pas s’abstraire des passions, entre angoisse et espoir, qui animent toujours plus de personnes face à la catastrophe climatique.

Une lueur d’espoir vient des nouveaux mouvements civiques de résistance, notamment ceux portés par la jeunesse ou par des associations, voire des particuliers, qui demandent des comptes à l’Etat et aux entreprises en s’appuyant sur la justice. Le livre dresse le bilan international de ces nouvelles luttes et pose la question des instruments juridiques qui pourraient leur faciliter la tâche, et peut-être même nous amener à une relation protectrice avec la Terre.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les contentieux climatiques se multiplient dans le monde

L’auteure propose de faire du climat un « commun », à la manière d’une ressource fondamentale dévolue à l’usage de tous et de chacun

Les procès contre différents Etats accusés d’inertie face aux changements climatiques procèdent largement des ambitions, des ambiguïtés et des déceptions dont était porteur l’accord de ­Paris de 2015, lors de la COP21. Son objectif de limiter la hausse de la température moyenne globale en deçà de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels s’accompagnait certes de modalités concrètes d’action et d’un cadre global de coopération, mais sans imposer de contrainte ni de ­sanction.

Il invitait aussi à la table, en plus des Etats, des « entités non parties » – associations, secteur privé ou villes. Or ce sont précisément certains de ces acteurs qui, utilisant l’accord comme un levier, se retournent désormais contre les Etats et cherchent à rendre juridiquement contraignants leurs engagements, pour les sommer d’agir sans se défausser sur les autres. Car tel est un des paradoxes apparents du moment présent : si le défi écologique est plus que jamais planétaire, les échecs répétés de la « gouvernance mondiale » en matière climatique conduisent à une sorte de reterritorialisation du global, obligeant chaque Etat, sous la pression de citoyens mobilisés, à balayer devant sa porte.

Les entreprises les plus polluantes font aussi l’objet de contestations inédites, en particulier les fameuses quatre-vingt-dix « Carbon Majors » énergétiques et cimentières, devant lesquelles se dressent même des Etats, mais aussi et surtout des villes et des ONG. C’est ainsi qu’aux Pays-Bas, après le procès de la Fondation Urgenda contre l’Etat néerlandais, s’est tenu en avril 2019 un procès cette fois contre le pétrolier Shell, mis en cause pour ses responsabilités en matière d’émission de gaz à effet de serre.



Source link

Continue Reading

Culture

BALIKAN | Pagsubaybay ng Abante taong 1993, 1995 sa Sanchez rape-slay case!

Published

on

By



AbanteDigital #AbanteNews #NoToSanchezRelease #ThrowbackThursday.

source

Continue Reading

Culture

Bottes de septième ciel – Culture / Next

Published

on

By


Tiens ! La botte ! Comment éviter toute connotation sexuelle à cet objet profond, serré comme un fourreau, d’ailleurs fourré lui-même (pas dans les contes certes, mais on fait bien dire ce qu’on veut aux objets des contes). Du reste, ne dit-on pas proposer la botte à quelqu’un qu’on souhaiterait vivement chausser ? Botte de foin, de poireaux, de sept lieues (les voilà, on y arrive, je sais où je vais avec mes grosses sabottes), il est question ici dans l’expression de la botte secrète de Lagardère qui d’un coup d’épée pourfendait son adversaire, si tu vois l’idée de l’épée qui embroche son ou sa partenaire.

De l’épée au fourreau qui l’enserre il n’y a qu’un pas, un grand pas, puisque la botte de sept lieues qu’on retrouve dans le Petit Poucet et le Chat botté (et non pas le chas, ça va bien les allusions symboliques, les contes en sont déjà farcis, si on ose dire), permet de parcourir plus de 30 km en une seule enjambée. «Les bottes de sept lieues, explique Ghislaine Chagrot, spécialiste des contes à la BNF (1), tirent leur nom de la distance des relais de poste installés toutes les sept lieues à partir de Louis XI, ce qui équivaut à la distance qu’un cavalier peut parcourir au galop» : de 28 à 35 km, soit ce qu’un marcheur peut parcourir en sept heures. Leur rôle, comme les petits cailloux du Poucet abandonné par ses vieux dans la forêt (on passera sur les fantasmes d’abandon très présents dans les contes et correspondant à de fréquentes situations en ce siècle de famine), c’est d’aider le Petit Poucet. Elles appartiennent à l’ogre, haute figure d’agressivité orale et de père castrateur. Le Petit Poucet les lui tire discrètement et «à la fin du conte, vole toutes les richesses de l’ogre».

A lire aussi Dans la valise des fées (5/7) : Fuseau ovaires

Comme quoi, les plus humbles peuvent toujours s’en sortir car, comme aime à le répéter Bettelheim – si tu suis un peu, on rabâche depuis samedi sur la Psychanalyse des contes de fées – un conte, c’est le miroir de nos vies, une leçon qui peut en gros se résumer à «malgré les épreuves, la vie est belle». Au chat, que récupère le fils du meunier qui croit qu’il a pas de bol parce que ses frérots ont touché le gros lot, elles vont servir à donner la puissance humaine. Le conte du Chat botté, en ce qu’il est un peu amoral, avec pas vraiment de gentils pas vraiment de méchants, donne au petit lecteur la même idée que le Petit Poucet : tu vas t’en sortir, mon enfant, même avec de la ruse et de la tricherie (dans la vraie vie, tu peux te gratter). On peut y voir un récit initiatique basé certes sur le mensonge (le chat fait croire au roi que son pauvre maître est le marquis de Carabas et la princesse tombe in love du gueux en pensant que c’est un vrai prince, comme quoi l’habit fait le moine).

Les bottes ont ça d’intéressant dans le catalogue des objets merveilleux qu’elles peuvent aider à faire le bien ou le mal, selon qu’elles sont portées par le héros (le poucet) ou un personnage néfaste (l’ogre). Et c’est, rappelle Ghislaine Chagrot, «dans la Belle au Bois dormant de Perrault qu’elles apparaissent pour la première fois : lorsque l’accident arriva à la princesse, la bonne fée qui lui avait sauvé la vie en la condamnant à dormir cent ans fut avertie par un nain qui avait des bottes de sept lieues». Etant prévenue, elle peut revenir vite et endormir tout le monde pour éviter la panique.

Et puis la botte est accompagnée de chiffres magiques aussi, comme d’autres contes font régner les couleurs (rouge surtout). Le 7 est omniprésent dans le conte du Petit Poucet, il apparaît quatre fois : la fratrie est composée de sept garçons, l’ogre a sept filles, les bottes sont de sept lieues et le Petit Poucet est âgé de 7 ans. Et pour ceux qui n’auraient toujours pas saisi la valeur sexuelle distillée dans chaque conte, rappelons que ces bottes sont des fées qui s’ajustent à la taille de celui qui les chausse et «avaient le don de s’agrandir et s’apetisser selon la jambe de celui qui les chaussait», rappelle Ghislaine Chagrot. Plus tard, il est précisé qu’elles fatiguent fort leur homme. Et ? Non rien.

Samedi : le balai

(1) Centre national de la littérature pour la Jeunesse et coresponsable de la rubrique contes de la Revue des livres pour enfants.


Emmanuèle Peyret





Source link

Continue Reading

Trending

Мы используем cookie-файлы для наилучшего представления нашего сайта. Продолжая использовать этот сайт, вы соглашаетесь с использованием cookie-файлов.
Принять